Prochaine séance : Emanuela Guano

Intervention d’Emanuela Guano (Department of Anthropology, Georgia State University)

« Creative Urbanity: Revitalization, Precariousness, and Hope in a Postindustrial City »
Argumentaire

Over the last several decades, the neoliberal valorization of urban aesthetics has become pivotal to the attempt to boost a local economy of tourism in many of Europe’s postindustrial cities. While much urban studies literature represents this process as a top-down intervention with invariably negative social ramifications, this paper draws on over 10 years of ethnographic research conducted in Genoa, Italy, to explore how members of an Italian educated, though largely precarious, middle class carved niches of meaningful self-employment at the margins of urban revitalization. By analyzing the affective bearing of neoliberal urbanism and the agency of under- and unemployed middle class individuals in re-making the city, this paper provides a template for the exploration of revitalization in postindustrial cities that foregrounds forms of grassroots participation in a rapidly rising tourist and culture industry. It also argues for a contextual approach to neoliberalism as well as an under­standing of Europe’s urban cultures that adds nuance to the assessment of city-based consumption prevailing in urban political economy.

Infos pratiques : (Jeudi 7 juin 2018, Salle des artistes)

Prochaine séance : Alessandro Sarti

Intervention d’Alessandro Sarti (CNRS-CAMS/EHESS)

« Introduction aux morphodynamiques post-structurelles »
Argumentaire

On présentera le concept d’hétérogènese différentielle, au sein d’un cadre théorique/mathématique permettant d’envisager le/un devenir des formes singulières à partir d’une distribution d’opérateurs différentiels hétérogènes. Contrairement au calcul différentiel utilisé en physique mathématique, l’hétérogenèse repose sur l’agencement de contraintes différentielles, distinctes ‘point par point’ et changeant dans le temps. Les dynamiques qui en sortent ne peuvent pas être conçues dans le cadre de la physique et de la morphodynamique structurelle, d’où leur impact considérable sur les sciences de la vie et sur les sciences de l’homme.

Infos pratiques : (Jeudi 17 mai 2018, Salle des artistes)

Prochaine séance : Yves-Marie Visetti

Intervention d’Yves-Marie Visetti (LIAS)

« Motifs et motivations : encore un effort… »
Argumentaire

Dans notre Théorie des formes sémantiques (2001), nous avions introduit une certaine notion, spécifiquement linguistique, de motif, présentée comme « phase du sens » dans le cadre d’une théorie du champ sémantique.

On présentera ici quelques éléments venant à l’appui d’une possible extension et approfondissement de la notion, entendue cette fois comme une structure tout à fait générale de la perception et de l’agir sémiotiques, pièce d’une esthétique modale et d’une proto-éthique transversale à divers champs. S’exprimant dans le retour de gestes et de formes plastiques, sonores, langagières, le motif, à la fois singulier et répétable, croise en lui les dimensions de la force et de la valeur, celles aussi de la reprise/relance et de la typicité/variabilité (sous l’horizon d’une possible systématicité). Présente de façon éparse seulement dans la phénoménologie merleau-pontienne, cette notion demande à être mieux élaborée, et si possible théorisée sur un mode dynamiciste, à la mesure des répétitions et des ruptures inhérentes aux procès de valorisation, de transmission, de formation et d’enrôlement réciproques des « signes » (i.e. des jeux sémiotiques) et des « sujets ».

Infos pratiques :(Jeudi 3 mai 2018, Salle 651, 54, bd Raspail, 75006 Paris

Prochaine séance

Jeudi 5 avril 2018, 17h-19h,

96 bd Raspail 75006, salle des artistes

François Nemo

(Professeur à l’université d’Orléans) 

« Non-linéarité, subphonémie et réseaux de signes : reconsidérer la notion de forme en linguistique et sémantique »
Argumentaire

Si la façon dont la linguistique a pu aborder le lexique dans son ensemble et la question du signifiant individuel a pu osciller entre une conception construite sur la notion de valeur différentielle dans un système d’opposition et la conception exactement opposée selon laquelle le lexique (de base) n’est in fine qu’une liste d’unités non prédictibles, autonomes et de fait apprises une par une, il ne fait guère de doute que c’est la seconde qui a été empiriquement dominante et qu’elle n’a pas hésité à axiomatiser les principes posés par Saussure par exemple pour promouvoir une conception totalement atomiste du lexique (de base).
L’objet de la séance sera de montrer qu’il est aujourd’hui devenu démontrable empiriquement, y compris par des moyens automatiques, que la forme des briques sémantiques des langues ne peut être décrit ni comme une suite linéarisée de phonèmes (en contradiction avec le principe de linéarité de Saussure), ni même comme une suite de phonèmes, les éléments phonologiques concernés étant très souvent des archiphonèmes. Et que le corrélat du fait que tout segment signifiant ait ainsi une forme externe (linéaire et phonématique) et une forme interne (non linéaire et subphonématique) est l’existence d’un réseau très dense de relations interlexicales entre unités qui partagent des formes internes sans partager de formes externes reconnaissables par l’intuition sémantique immédiate.
L’intervention abordera dans ce contexte et à part égale la présentation des techniques utilisables pour cartographier sur l’ensemble du lexique les relations interlexicales concernées et celle des formes internes qui les rendent possibles. Elle se posera aussi la question de savoir ce que cela implique pour notre compréhension de la façon dont le simple apprentissage du lexique conduit automatiquement à la construction de formes internes et de signes dont la très grande généricité et polyvalence se construit par un processus de désindexicalisation du sens de la forme externe.

Infos pratiques

Prochaine séance : Giovanni Kezich

Intervention de Giovanni Kezich (Professeur invité à l’EHESS – Trentino Folklife museum, San Michele all’Adige) 

« Pastoral graffiti : the valley of Fiemme and its wealth of shepherds rock paintings (1550-1950) »
Argumentaire

In a remote cluster of rock sites in the heart of the Dolomites, generations of shepherds have left their red graffiti at the foot of overhanging cliffs numbering at around 50,000 single instances over a time span ranging from 1550 to about 1950. A complete survey of the writings explains the connection between this kind of modern pastoral graffiti and the most ancient conventions of this art.

Infos pratiques (Jeudi 15 mars 2018, Salle des artistes)

Journée d’étude internationale

« L’expérience esthétique et la « praxis » : perception, imagination et atmosphères »

Dans le cadre des activités du séminaire, le 22 mars prochain aura lieu une journée d’étude à la croisée entre esthétique, sémiotique et anthropologie.

Parmi les conférenciers extérieurs invités figurent Tonino Griffero, spécialiste des notions d’atmosphère et d’ambiance, Alessandro Bertinetto, philosophe de la musique et de l’improvisation, et Georg W. Betram, philosophe de l’art et représentant de la « nouvelle esthétique allemande ».

Infos pratiques ci-dessous :

 

Institut des Systèmes Complexes de Paris Île de France

113 rue Nationale, 75013 Paris
Entrée libre

Prochaine séance : Antonino Bondì

Intervention d’Antonino Bondì (ICAR-ENS Lyon/LIAS-IMM/EHESS PARIS

« Normativité et expérience perceptive : un entrelacs »
Infos Pratiques
Argumentaire

Toute activité humaine est de part à part imprégnée de normes (légales, morales, scientifiques, esthétiques et plus largement culturelles). Les normes ‘disent’ ce que nous devons faire et comment, orientent nos jugements et appréciations, mobilisent sous des guises différentes et plus ou moins cohérentes l’économie et l’écologie des valeurs socioculturelles. Ainsi, en dynamisant l’espace commun, elles déploient les registres sensibles de l’agir social qui se stabilise et se réarticule dans des milieux culturels et opérationnels stratifiés et hétérogènes. Dans ce cadre, les sujets (ou les groupes) sont en mesure de reconnaître l’action corporelle et sociale dans un monde qui est à la fois familier ou dépaysant, rationnel ou incongru, partagé ou idiosyncratique mais aussi inacceptable ou inhumain. Depuis des années la question de la normativité est au cœur des débats importants en philosophie de l’action et du langage, en philosophie de l’esprit et de la psychiatrie. Cependant, une interrogation plus spécifique sur la nature et la fonction des normes dans l’expérience perceptuelle exige de poursuivre l’effort théorique et l’exposé cherchera à formuler certaines questions et approfondir des pistes de travail : que peut vouloir dire l’expression de « norme perceptive » ? Il s’agit d’une notion qui n’est pas exempte d’ambiguïté, car elle semble indiquer à la fois une norme en tant que perçue qu’une norme pour la perception. En effet, est-ce quelque chose que nous percevons ou plutôt quelque chose qui guide et oriente notre perception sans que l’on s’en aperçoive ? Y-a-t-il plusieurs typologies de normes perceptuelles selon les types d’activités que nous réalisons (pratiques, théoriques, etc.) et, si oui, selon quels critères les différencions-nous ? La question des sources devient ainsi pertinente : d’où viennent ces normes ? Devrions-nous les considérer comme a priori ou a posteriori ? Sont-elles mieux comprises en tant que capacités intellectuelles ou incarnées ? L’exposé se concentrera sur le débat en philosophie de de la perception et l’esprit, afin de dégager quelques suggestions théoriques. 

Mauricio Hernandez, « Médiatisation technologique et voix du réel. Une anthropologie historique du regard – de la trace à l’écran »

Présentation de la thèse de doctorat

Résumé

Nous partons du constat de l’importance de l’image dans le processus d’anthropogénèse, car la fixité de l’image se dévoile comme une médiation temporelle, c’est-à-dire, comme la création d’un temps rapporté médiatisant notre rapport au réel et transgressant par là notre champ perceptif. À ce titre, l’histoire de l’image apparaît comme le développement de divers modèles eidétiques statiques qui vont être en négociation et relation permanente avec les modèles eidétiques dynamiques : le langage, les gestes, l’outillage, la musique, la danse, l’habitat ; modèles qui en contrepartie sont des médiations nous permettant d’investir l’espace et de le délimiter. L’interpénétration des deux types de modèles, dynamiques et statiques, constituerait, dans la pléthore et la diversité d’éléments composant chaque culture, le caractère définissant l’homme comme animal politique.

C’est ainsi que l’on a pu discerner une différence ontologique lors de l’apparition de la trace photographique, trace résultant, non d’une idéalisation formelle et symbolique, mais de l’idéalisation d’une distance, à partir de laquelle se matérialise l’écran en articulant le regard depuis une nouvelle échelle opératoire. L’apport essentiel de l’image serait entré donc dans une nouvelle phase qui, au bout de presque deux siècles, aurait transformé l’homme en animal médiatique. C’est là que l’histoire de la nouvelle trace, sous l’essor de la technologie numérique, centre tout enjeu politique dans sa manifestation la plus conséquente, celle de l’expression cinématographique.

Dans ce cadre nous avons abordé et privilégié une histoire du cinéma à des moments où celle-ci développe des enjeux spécifiques dans son rapport au réel, comme notamment dans l’exemple de l’œuvre du cinéaste mexicain Téo Hernández, réalisée pour l’essentiel en Europe entre 1968 et 1992. Sa forte dimension phénoménologique, l’importance du corps dans l’acte de filmer, tout autant que sa fine réflexion sur le médium et son rapport au réel, nous ont fournit une clé de voûte nous permettant de comprendre les grands changements médiatiques qui sont survenus dans les années 80, et qui ont déterminé le regard politique du monde actuel.

Continuer la lecture de « Mauricio Hernandez, « Médiatisation technologique et voix du réel. Une anthropologie historique du regard – de la trace à l’écran » »

Jean Lassègue – Law & Big Data Conference

Exposé lors du colloque « Law & Big Data », Sénat, Palais du Luxembourg, 17-18 mars 2017.

Vidéo :

Les diapositives (en français) sont intégrées dans la vidéo.

Talk given at the ‘law & Big Data’ Conference, held in the French Senate, Palais du Luxembourg, March 17-18 2017. Slides (in French) are directly inserted in the video.