Prochaine séance : Antonino Bondì

Intervention d’Antonino Bondì (ICAR-ENS Lyon/LIAS-IMM/EHESS PARIS

« Normativité et expérience perceptive : un entrelacs »
Infos Pratiques
Argumentaire

Toute activité humaine est de part à part imprégnée de normes (légales, morales, scientifiques, esthétiques et plus largement culturelles). Les normes ‘disent’ ce que nous devons faire et comment, orientent nos jugements et appréciations, mobilisent sous des guises différentes et plus ou moins cohérentes l’économie et l’écologie des valeurs socioculturelles. Ainsi, en dynamisant l’espace commun, elles déploient les registres sensibles de l’agir social qui se stabilise et se réarticule dans des milieux culturels et opérationnels stratifiés et hétérogènes. Dans ce cadre, les sujets (ou les groupes) sont en mesure de reconnaître l’action corporelle et sociale dans un monde qui est à la fois familier ou dépaysant, rationnel ou incongru, partagé ou idiosyncratique mais aussi inacceptable ou inhumain. Depuis des années la question de la normativité est au cœur des débats importants en philosophie de l’action et du langage, en philosophie de l’esprit et de la psychiatrie. Cependant, une interrogation plus spécifique sur la nature et la fonction des normes dans l’expérience perceptuelle exige de poursuivre l’effort théorique et l’exposé cherchera à formuler certaines questions et approfondir des pistes de travail : que peut vouloir dire l’expression de « norme perceptive » ? Il s’agit d’une notion qui n’est pas exempte d’ambiguïté, car elle semble indiquer à la fois une norme en tant que perçue qu’une norme pour la perception. En effet, est-ce quelque chose que nous percevons ou plutôt quelque chose qui guide et oriente notre perception sans que l’on s’en aperçoive ? Y-a-t-il plusieurs typologies de normes perceptuelles selon les types d’activités que nous réalisons (pratiques, théoriques, etc.) et, si oui, selon quels critères les différencions-nous ? La question des sources devient ainsi pertinente : d’où viennent ces normes ? Devrions-nous les considérer comme a priori ou a posteriori ? Sont-elles mieux comprises en tant que capacités intellectuelles ou incarnées ? L’exposé se concentrera sur le débat en philosophie de de la perception et l’esprit, afin de dégager quelques suggestions théoriques. 

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