Jean Lassègue – Séance d’Introduction du séminaire Forme symbolique

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Pour décrire la perspective que l’on compte suivre dans les séances de ce séminaire, il faut commencer par dresser un état des lieux assez vaste de la problématique générale des Formes Symboliques qui embrasse l’épistémologie, la philosophie, les sciences cognitives et les sciences de la culture de l’autre. Par souci de clarté, je vais regrouper épistémologie et philosophie d’une part et sciences cognitives et sciences de la culture de l’autre. Une raison à cela : en philosophie, c’est la perspective épistémologique de la naturalisation qui fait le cœur de la problématique des Formes Symboliques et c’est la perspective de la naturalisation qui oriente, par contrecoup, l’interaction ou le divorce entre sciences cognitives et sciences de la culture.

Jean Lassègue – La genèse des concepts mathématiques, entre science de la cognition et science de la culture

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En faisant remarquer que le problème du fondement des mathématiques n’est pas seulement un
problème logique mais bien plutôt un problème d’épistémologie cognitive exigeant de retracer la genèse des
concepts étudiés, on est généralement prêt à accorder un rôle à l’historicité et à l’intersubjectivité dans le développement des concepts mathématiques. Cependant, cet appel à l’historicité et à l’intersubjectivité est plus
une position de principe qu’une mise en œuvre effective parce que l’on s’en tient habituellement soit à une analyse de facture cognitiviste ayant trait aux bases motrices de la perception du Sujet, soit à une analyse de facture phénoménologique où intervient le corps incarné. Dans les deux cas, l’appel à l’histoire et à l’intersubjectivité est à la fois admis et rejeté en fin d’étude comme s’il était finalement extérieur à la démarche.

Jean Lassègue – Note sur l’actualité de la notion de forme symbolique

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Article publié dans Methodos (2002, 2 : 155-182).

L’article montre comment la notion de forme symbolique telle qu’elle a été définie par Cassirer au début des années vingt permet de critiquer certains présupposés du modèle néo-darwinien contemporain touchant la question de l’origine du langage.

P. Cadiot & Y.-M. Visetti – Motifs, profils, thèmes : une approche globale de la polysémie

P. Cadiot – CNRS-Lattice

Y.-M. Visetti – CNRS-Lattice
Paru dans les Cahiers de Lexicologie, 79, 2001-2, p. 5-46

 

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Le présent article, qui se veut de théorie et de réflexion sur la sémantique, affronte un certain nombre de questions, que nous présenterions volontiers d’entrée de jeu sous la forme d’une déclaration d’intentions :

Nous entendons d’abord reprendre la question de savoir ce qui de la langue peut être considéré comme interne (propre), mais en la posant dans un cadre dynamique de type energeia (Humboldt). D’un tel cadre, nous voulons retenir qu’il déconstruit l’opposition entre formes intérieure et extérieure de la langue, faisant à l’inverse de la langue une activité auto-formatrice, et un milieu constitué par sa nécessaire reprise et stabilisation à travers des mises en place thématiques[1]. Celles-ci ne se réduisent pas à des suppléments conceptuels, encyclopédiques et/ou pragmatiques déliés des langues, mais se présentent d’abord comme des formations inextricablement langagières et sémiotiques : formations qui sont anticipées par la langue et le lexique à des niveaux très variables de spécificité et de stabilité, différemment sensibles donc aux innovations sémantiques, et aussi différemment susceptibles de les enregistrer. Cela implique de comprendre les langues, non seulement comme des puissances formatrices de représentations (cela, c’est une problématique du schématisme transposé en linguistique, étape sans doute nécessaire, mais encore insuffisante), mais aussi comme des capacités singulières de se laisser déplacer, de se transformer immédiatement de par leur activité même. Pour mieux étayer cette conception sur un plan épistémologique, et notamment du point de vue d’une approche cognitive de l’activité de langage, un retour critique explicite vers les problématiques phénoménologiques et gestaltistes – tant la psychologie que la théorie des formes – s’avère nécessaire (même si nous ne ferons que les évoquer ici). Il permet d’ouvrir la discussion sur ce qui peut en être, à bon droit, repris et transposé en sémantique, au moins si l’on se soucie de prendre en compte dès le départ le caractère historique et transactionnel de ce que nous appelons motifs linguistiques, tout autant que les horizons thématiques et pratiques enregistrés par le lexique.

[1] Le mot thématique est à prendre ici dans un sens foncièrement textuel, voire littéraire, et non dans ses acceptions seulement grammaticales. Thématique renvoie donc à “ ce dont on parle ”, à l’ensemble de ce qui est “ posé ” par l’activité de langage, sans pour autant être dissocié des traces et des modes d’accès propres à cette activité  : donc le posé en tant qu’il est sémantiquement qualifié, proféré et parcouru dans l’exercice de la parole, de l’écriture et de la lecture, qui le font exister.